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Y-a-t-il une école de Nice ? < Les grands
dans de petits Quelques rencontres <
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Du 20 au 23 mars, Yves Klein réalise les premières Cosmogonies, à Cagnes-sur-mer, à l'embouchure du Loup , peintures réalisées à l'aide d'éléments atmosphériques et végétaux (vent...traces de feuilles, roseaux, touffes d'herbes, immergées dans l'eau bleutée de la rivière). Martial Raysse signe les Prisunics de Nice et les étalages de cosmétiques : ce qui m'intéresse, c'est la profusion colorée de l'article en série, l'afflux quantitatif des étalages, la marée de produits neufs dans les grands magasins. Arman : " Un jour, j'étais avec Restany et j'ai signé tous les barils descendus d'un cargo dans le port de Nice. C'est la première accumulation monumentale. C'était des barils de vin. Bien avant la rue Visconti de Christo mais moi ce n'était pas le barrage qui m'intéressait, c'était le tas ." ( in Catalogue A propos de Nice, Centre G. Pompidou Paris 1977). Nous pourrions le croire, car très
nombreux sont les peintres demeurant à Nice. Arman, Yves Klein, Martial Raysse, Laubiès,
Jean-Pierre Mirouze, Sacha Sosnovsky et tant d'autres encore. Ils sont plein d'ardeur et
d'audace. Laubiès travaille continuellement, ne prenant que peu de temps pour se baigner
et il nous découvre de magistrales toiles. Sa palette s'enrichit de tons orangés et
jaune assourdi. Il arrive ainsi à égayer ses visions et les intensifie de toute la
chaleur et de la lumière du Soleil. Ce ne sont plus des mondes disparus mais il suggère
ainsi une vie extraordinaire triomphante de tous les temporels.
Vence doit beaucoup à Dubuffet
car c'est à lui que nous devons l'impeccable tenue de la Galerie Les Mages de Chave. Bien
entendu,nous savons que Chagall et Carzou demeurent également dans Vence, mais ils sont
moins actifs. A la Galerie Chave, nous découvrons Eppelé, Bellmer, Kopac, Dallaire et
quelques autres. Gabritchevsky, biologiste russe devenu fou, ne trouve de repos que dans
la peinture, Ozenda s'apaise avec quelques toiles semi naïves. Pons refait vivre les
visions de Goya. Et ce sont des amis de Paris: Dado , César qui, dans son hommage à
Brancusi magnifie son aîné tout en affirmant sa propre originalité. Appel et Jorn n'ont
plus cette même violence et à la lumière de Provence, il y a comme une évanescence. De Nice à Villefranche, trés peu de
distance. Cela nous est donc facile d'admirer la Chapelle de Cocteau qui cerne autour de
vigoureuses figures quelques points qui arrivent en sortes de centres nerveux, offertoires
mystiques d'adoration et de prières. Ces cellules nerveuses sont là affirmant dendrites
et neurones et ainsi Jean Cocteau s'exorcise de magies mystérieuses propres à sa
poétiques. Claude Rivière Extrait de la
Charge Solaire de l'Artiste, in Combat
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