1968
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Bravo pour votre petite mystification ! Avant de tourner les talons, le visiteur lança sa remarque aux officiels qui sous le titre d'Ecole de Nice, ont eu l'audace d'ouvrir les portes du musée des Ponchettes à Yves Klein, Arman, Martial Raysse. Serge III crée les Vingts blancs : il s"agit de toiles d'autres artistes repeintes avec du vinyl blanc afin de protester contre la signature et l'importance donnée à l'oeuvre originale : Ce n'était pas un geste agressif car le vinyl blanc pouvait s'enlever et on pouvait repeindre un autre tableau dessus. Guy Rothier architexte niçois construit la maison et l'atelier d'Arman à Vence. Noël Dolla travaille avec Serge Maccaferri et Martin Miguel dans son atelier Boulevard Risso ; Dolla réalise à cette époque les Sturctures-Etendoirs et chiffons peints. Jacques Lepage édite depuis Coaranze, un ouvrage, Dossier 68, comportant 48 lithographies, sérigraphies, collages, etc, de 48 artistes de moins de 35 ans, appartenant à la mouvance Ecole de Nice et futurs support-surfaciens, ouvrage qui remolace le Festival des Arts plastiques. Par ailleurs, il publie, aux éditions A l'enseigne de Verseau, un recueil de poèmes, Les yeux déchirés, avex des encrages originaux de Claude Viallat. XXXIVe Biennale de Venise expose des artistes du Pop Art et du Minimal Art, de juin à septembre. Le grand prix en est attribué à Nicolas Schöffer. Pierre Pinoncelli réalise une performance sur la place St Marc le 19 juin, Faire l'amour à Venise...et mourir. La Fondation Maeght consacre son exposition d'été à une rétrospective Joan Miro, à l'occasion de 75 ans du peintre. Parallèment se déroulent du 19 au 27 juillet, les Nuits de la Fondation, IVe Festival international de musique et d'art contemporains, avec notamment la présentation du spectacle -ballet de Joan Miro, L'oeil-Oiseau.
Nice...Vous ne voulez pas signer le livre de réclamations ? C'est en tout cas un évènemt pour l'avant-garde néo-réaliste niçoise : pour la première fois elle est dans ses murs les plus officiels. Mais elle a d'abord dû, dans l'indifférence locale, conquérir sa renomée au-dehors, à Paris, à New-York, Amsterdam, Milan, Düsseldorf, Stockholm... C'est le retour au pays de l'enfant prodigue, grâce à l'invitation d'un jeune conseiller municipal et délégué aux affaires culturelles, M. Hervé de Fontmichel. Tels sont les trois paintres qui ont été à l'origine de cettee école de Nice. Selon Martial Raysse, ce sont les locomotives auxquelles se sont rattachés les wagons d'une nouvelle génération de peintres plus jeunes auxquels la réussite de leurs aînés donne tous les espoirs. Jacques Michel
Une exposition au Musée des Ponchettes à Nice atture brusquement l'opinion sur un constat qui prend l'allure d'une révélation : Yves Klein, Arman et Martial Raysse, figures de proue de la jeune génération picturale, sont tous les trois niçois. La vérité se situe au niveau de la pure coïcidence: une série de rencontres heureuses. C'est l'histoire d'une triple amitié, et d'abord, au sein de cette amitié, d'un visionnaire au destin météorique, mort d'une crise cardiaque en 1962, à l'âge de trente-quatre ans, Yves Klein. Toutes ces manifestations provoquèrent l'indignation ou le mépris. Mais le ferment était jeté. Il n'a fait qu fructifier depuis la disparition d'Yves Klein. Les expositions rétrospectives se multiplient dans les plus grands musées d'art moderne : après Amsterdam, Stockholm, Bruxelles, New-York, la manifestation de Nice prend l'allure d'une très modeste fête de famille. Pierre Restany in Plaisir de France, mars 1968
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